Parcours Étincelles : "Nous voulons aider les femmes qui souhaitent reprendre un travail"

Parcours Étincelles : "Nous voulons aider les femmes qui souhaitent reprendre un travail"
Anne Bregeault et Marie Renié, consultantes d'Ecclésia RH, sont à l'origine du Parcours Étincelles. Elles expliquent leur intuition, et l'accompagnement spécifique qu'elles proposent aux femmes qui cherchent à retrouver un emploi.

Comment l’idée du parcours Étincelles est-elle née ?

Marie RENIÉ : Depuis plusieurs années, avec Anne Bregeault, nous rencontrons des femmes qui ont le désir de reprendre un travail, mais nous les voyons aussi complètement démunies face à leurs interrogations. Comment valoriser leur diplôme très lointain ? Par quel bout prendre la question ? Comment s’adresser à un recruteur, et que lui dire ? À un moment donné de leur vie, elles ont fait le choix d’interrompre ou de diminuer leur activité professionnelle, soit pour suivre leur mari dans un déménagement, en France ou à l’étranger, soit pour se consacrer à l’éducation de leurs enfants. C’est un choix assumé, pour lequel elles n’expriment pas de regret. Mais elles ont du mal à se projeter. Nous pouvons aussi rencontrer des femmes qui ont rencontré un accident de la vie, veuves ou séparées de leur mari, qui doivent se remettre à travailler. Dans tous les cas, elles ont besoin d’aide. C’est pour ces femmes que nous lançons le parcours Étincelles.

Anne BREGEAULT : Pour compléter ce que dit Marie Renié, je voulais évoquer l’image des Étincelles, qui nous parle et que nous avons retenue. L’étincelle, c’est d’abord l’idée de la lumière. Le parcours est là pour éclairer chacune en s’appuyant sur ses intuitions et ses convictions, et redonner du sens à ce qui a été vécu. L’étincelle, c’est aussi ce qui jaillit du frottement : la confrontation avec le groupe va permettre à chacune de se révéler par l’intermédiaire d’autrui. L’étincelle, c’est enfin un signe de vitalité ! Il y a une vraie émulation dans le parcours et une mise en mouvement pour chacune !

L'étincelle, c'est la lumière, le frottement, et la vitalité !

Quelles questions rencontrez-vous le plus fréquemment de la part de ces femmes qui veulent reprendre un emploi ?

M. R. : Leur question se formule ainsi : « est-ce qu’aujourd’hui je peux avoir une place ? suis-je légitime ? » Elles ne savent pas comment décrire ce qu’elles ont réalisé dans leur parcours de vie. Elles oublient de valoriser les talents qu’elles ont développés en se consacrant à l’éducation de leurs enfants, ou bien dans leurs engagements associatifs, parfois nombreux. Souvent, elles ont perdu confiance en leurs capacités professionnelles, se disent que leur diplôme n’est plus valable, et ne se sentent plus à la hauteur du monde du travail. Elles peuvent d’ailleurs avoir tendance à s’en faire une idée fausse, en le voyant comme un univers hyper speed de gens hyper efficaces. Elles ont besoin d’un regard bienveillant pour comprendre que derrière tout ce qu’elles ont réalisé, il y a des qualités, des talents, et des compétences.

A.B. : Nous rencontrons beaucoup de femmes dans notre travail de recrutement et de bilan. Ce qui est spécifique à beaucoup d’entre elles, c’est un parcours plus haché, moins linéaire, avec des ruptures, des expériences bénévoles foisonnantes... Elles partagent un même désir de revenir vers l’emploi, mais avec leur éloignement temporaire du monde du travail classique, elles ne savent plus y projeter toutes les compétences et qualités dont elles ont su faire preuve ou qu’elles ont développées.

Quel type de réponse leur apportez-vous ?

A.B. : Chez Ecclésia RH, nous prêtons attention à porter un regard bienveillant sur la personne vue dans sa globalité. Par ailleurs, nous connaissons à la fois le monde associatif ecclésial et les autres secteurs de la vie économique : c’est un spectre large, enrichi par l’expérience des parcours de candidats, qui nous permet de parler du monde professionnel avec rigueur. Avec notre prisme de recruteurs, nous savons nommer les compétences, et nous pouvons facilement les guider dans la présentation de leurs savoir-faire. Chercher un travail, c’est exigeant, et il est préférable de ne pas être seule. Nous savons assurer cet accompagnement, qui offre le bénéfice d’être bien préparée. Certaines femmes ne sont peut-être pas loin du but, nous les aidons à franchir le pas manquant, à être ajustées, à se sentir prêtes, pour que les autres le sentent aussi.

M.R. : Il y a souvent chez ces femmes une appréhension qui nourrit l’imaginaire : à nous de rendre les choses concrètes pour leur faire comprendre que ce qu’elles désirent est possible. Pour certaines, une remise à niveau est nécessaire, c’est vrai : dans ce cas, notre rôle est de leur faire identifier les étapes pour y parvenir. Nous pouvons aussi rencontrer la démarche inverse, c’est-à-dire une envie de reconversion par rapport à un métier d’origine. J’ai à l’esprit l’exemple d’une femme, professeur de français, qui s’est arrêtée quasiment 10 ans. Aujourd’hui elle est responsable d’une agence de services à domicile, elle a basculé dans tout autre chose, avec beaucoup de réussite. Quelle que soit leur envie, pour elles les choses sont un peu plus difficiles que pour une femme déjà en poste qui voudrait juste changer de travail. Mais le point de départ qui nous paraît indispensable, c’est bien la motivation et le désir. S’ils sont là, notre rôle est de mobiliser de l’énergie pour aider chacune à trouver son chemin.

Le point de départ indispensable : la motivation et le désir.

Quelle différence y a-t-il avec un bilan de compétences ?

A.B. : Nous avons adapté la démarche d’un bilan de compétences : Étincelles est un parcours construit sur mesure et centré sur les besoins et attentes des femmes qui souhaitent être accompagnées pour reprendre une activité. Nous insistons particulièrement en effet sur l’idée d’équipe dans une logique de compagnonnage : je suis un soutien, l’autre est un soutien.

M.R. : Un bilan de compétences va poser un regard sur un parcours professionnel pour faire émerger les potentialités d’un nouveau chemin. Avec le parcours Étincelles, nous nous trouvons en amont, pour un temps de réflexion personnel et collectif. Souvent, les femmes témoignent d’un sentiment de solitude face à ces questions. Ici, le collectif va être un soutien, et offrir un partage d’expérience, nous y croyons beaucoup.

Comment se déroule concrètement un parcours Étincelles ?

M.R. : Il se déroule en 5 étapes d’une demi-journée, dont deux réunies pour constituer une journée complète en extérieur. On alterne topos, temps personnels et moments collectifs, avec une thématique proposée sur chaque demi-journée. À raison d’une rencontre tous les 15 jours pour un groupe de 8 à 10 femmes, c’est un cheminement qui s’étendra sur environ 2 mois. Pour le moment, il est prévu pour se dérouler à Paris.

Que proposez-vous de particulier ?

M.R. : J’insisterais sur l’esprit de promotion dont parlait Anne. Ce n’est pas seulement un groupe de participantes. Nous voulons favoriser l’entraide entre elles, en leur proposant de se parrainer mutuellement, y compris en dehors de nos rencontres. Qu’elles puissent se voir, se rencontrer pour avancer ensemble sur des travaux qui leur seront proposés, et que ce qui se vit pendant le parcours puisse se prolonger par la suite.

A.B : Étincelles est un parcours spécifique tiré de notre expérience d’accompagnement et de recrutement. Il propose une dynamique et un soutien, grâce à un regard à la fois encourageant et professionnel. Il permet de vivre un cheminement personnel et partagé, qui prend appui sur des éléments de méthode solides, tout en offrant un ancrage spirituel à la réflexion.

À la fin, quel est le résultat attendu ?

M.R. : Le parcours sera réussi si la participante est confortée, si elle a confirmé son projet, et se sent à la fois capable et prête à s’élancer. Cela fait partie de la démarche : aider à mettre des mots sur des intuitions, et préparer sa communication extérieure. C’est un point sur lequel j’insiste régulièrement auprès de celles que j’accompagne : se rendre visible, parler à son réseau proche, aussi bien familial qu’amical. « Quel est ton projet ? » : en réponse à cette question, il faut avoir un discours bien construit, qui montre que l’on est prête à s’élancer. Il y a un mot important dans la démarche du parcours Étincelles, c’est celui de « relecture » : nous allons proposer aux participantes de relire leur vie, et de trouver une cohérence et une unité dans ce qu’elles ont fait et ce à quoi elles aspirent.

En réponse à la question « Quel est ton projet ? », il faut avoir une réponse prête.

A.B. : Le résultat, c’est avoir au moins un projet de cœur, et un ou deux projets de raison que l’on sait argumenter ! Le résultat, c’est aussi une vision claire et cohérente de son parcours de vie, que l’on sait présenter et valoriser ! Notre rôle consiste à aider chacune à sortir d’éventuelles représentations faussées, ou d’attentes démesurées. Certaines croient que tout est impossible, d’autres que tout est possible. Le parcours ne va pas seulement servir à reprendre confiance : il va permettre d’affiner la représentation du monde du travail. Et puis en effet, la relecture est présente dans ce parcours, en proposant à chacune de se réconcilier avec ce qu’elle a vécu, et de creuser au fond de soi ses aspirations, pour se projeter vers l’avenir avec une perception la plus réaliste possible. Beaucoup de femmes éprouvent le sentiment d’une dispersion, alors même qu’en cherchant un emploi, elles abordent un vrai changement d’univers. Avec le parcours Étincelles, elles trouveront de la cohérence dans ces différentes étapes de vie, et une vraie plus-value pour avancer.

Ce parcours est ouvertement chrétien : quelle place la foi a-t-elle dans l'accompagnement proposé ?

M.R. : Le parcours Étincelles n’est pas une retraite. C’est un parcours proposé et animé par deux consultantes chrétiennes. Il est essentiel que les participantes puissent déposer leur projet sous le regard du Seigneur. C’est pourquoi nous avons choisi de placer chaque demi-journée sous le patronage d’une femme chrétienne inspirante : Catherine de Sienne, Hildegarde de Bingen, Zélie Martin, Pauline Jaricot, pour ne citer qu’elles, accompagneront les participantes… Mais le parcours est ouvert à toutes : il n’y a pas nécessairement besoin d’être catholique pratiquante pour le suivre, il faut seulement être dans la transparence avec ce qui anime chacune.

A.B. : Notre accompagnement se situe sur le plan professionnel mais sous le regard du Seigneur, en prenant notamment un temps de prière en début de rencontre. Le parcours Étincelles répond à une recherche d’unité qui implique d’être en vérité et de pouvoir exprimer et prendre en compte ce qui nous anime. Si la foi en fait partie pour une participante, elle y a alors toute sa place.

 

PROCHAIN PARCOURS ÉTINCELLES À PARTIR D'OCTOBRE 2021.

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